Les chances de succès

 

Les chances « moyennes » de réussite (à pondérer en fonction de l’âge de la patiente, du type d’infertilité, du nombre de tentatives) sont de 32% de grossesse par transfert d’embryons et de 30% de grossesse par ponction d’ovocytes.

Il est bien évident que ces résultats sont statistiques et ne préjugent pas des chances de chacun.

Les médecins du centre sont disponibles pour informer au mieux des chances personnelles.

 

A chaque étape du traitement correspond un certain pourcentage d’échec :

- dans environ 10% des cas, la stimulation n’est pas de bonne qualité :
Il s’agit :

  • soit d’une hyperstimulation (réponse trop importante des ovaires) qui implique l’arrêt immédiat de la tentative de FIV ;
  • soit d’une hypostimulation : une réponse trop faible des ovaires qui peut également conduire à l’arrêt du traitement.

 

L’utilisation de protocoles thérapeutiques différents permet toutefois d’obtenir le plus souvent une bonne stimulation lors d’une tentative ultérieure.

- dans 1% des cas, la ponction ne ramène aucun ovocyte

- dans 7% des cas, la fécondation des ovocytes ponctionnés ne survient pas. Ces échecs sont dus à une faible qualité soit du sperme soit des ovocytes.
Toutefois dans un certain nombre de cas, cet échec de fécondation survient malgré une apparente bonne qualité du sperme et des ovocytes.

- par ailleurs, comme dans la nature, une partie des grossesses diagnostiquées très tôt, n’évolue pas jusqu’au terme. Celles-ci peuvent s’arrêter après quelques jours (grossesses biochimiques). Une fausse-couche naturelle ou exceptionnellement une grossesse extra-utérine peuvent survenir au 1er trimestre.

En cas d’échec, une évaluation est réalisée en consultation afin d’adapter le traitement et améliorer vos chances de succès : une tentative infructueuse apporte de nombreux renseignements pour la suivante.

Une limite d’âge a été fixée à 42 ans : le taux de grossesse à partir de cet âge étant très faible (<3%).

 

Les embryons surnuméraires

a) Congélation-décongélation

fécondationLes embryons surnuméraires càd les embryons non sélectionnés pour être transférés dans l’utérus, peuvent être congelés. Ils constituent ainsi une réserve qui pourra être utilisée pour des transferts ultérieurs soit en cas d’échec, soit en vue d’une seconde grossesse.

Seuls les embryons de qualité correcte feront l’objet d’une congélation car de leur qualité va dépendre leur récupération lors de la décongélation. En effet, la congélation est une technique très délicate qui permet de conserver les embryons dans des paillettes dans de l’azote liquide à – 196° pendant plusieurs années. Elle peut avoir lieu soit au jour 2, 3 ou 5 après la ponction, ce qui correspond à des stades évolutifs différents de l’embryon.

Lors de la décongélation, environ 25 à 30% des embryons sont perdus. Les embryons ayant survécu au procédé congélation-décongélation sont transférés soit le jour même soit après 24 heures de culture (en fonction du jour de congélation J2, 3 ou 5).

Il faut savoir que la congélation n’est pas toujours possible (si la qualité des embryons surnuméraires est faible ou si ceux-ci arrêtent leur division) et qu’après une décongélation, un transfert n’est pas toujours possible (soit aucun embryon n’est récupéré à la décongélation, soit les embryons récupérés n’évoluent pas après 24 heures de culture).

 

b). Transfert des embryons congelés

Deux techniques sont utilisées :

I. Sur base d’un cycle spontané :

Dans ce cas, le cycle de la patiente est surveillé par échographie et prise de sang. Lorsque les résultats des analyses de sang indiquent que le moment de l’ovulation approche, une échographie est programmée afin de contrôler l’épaisseur de la muqueuse utérine. Dès que celle-ci est suffisamment épaisse, soit l’ovulation est provoquée par une injection d’HCG (Pregnyl 5000), soit on attend le pic naturel de LH (hormone lutéinisante responsable de l’ovulation) pour planifier la décongélation et le transfert des embryons.

Chez certaines patientes, les ovaires doivent être légèrement stimulés :

I. Soit par la prise, sous forme orale, du jour 3 au jour 7 du cycle, d’anti-oestrogènes (Clomid) en tablette à raison de 1 ou 2 comprimés par jour.

II. Soit par des injections de gonadotrophines (Ménopur, Purégon, Gonal-F) pendant au moins 5 jours.

Le jour et l’heure du transfert sont déterminés en fonction de l’ovulation.

Si l’ovulation est déclenchée par une injection d’HCG, le transfert est programmé 5 jours plus tard si les embryons ont été congelés au jour 2 ou 3 post ponction et il est programmé 7 jours plus tard s’il s’agit d’une décongélation de blastocystes.

Pour favoriser la nidation, on prescrit pendant plusieurs semaines, à dater de l’ovulation, l’administration de progestérone par voie vaginale (Utrogestan 3 x 2 comprimés par jour).

II. Sur base d’un cycle artificiel :

Dans ce cas, on administre à la patiente des oestrogènes puis de la progestérone afin d’assurer une bonne croissance de l’endomètre (muqueuse utérine). Le cycle artificiel permet de planifier le traitement avec une grande précision car dans ce cas, il n’est pas nécessaire de tenir compte de l’ovulation.

EN PRATIQUE :

Pour commencer un traitement en vue du replacement d’embryons congelés, rendez-vous doit être pris chez un gynécologue du centre afin de recevoir les informations concernant le schéma le mieux adapté à chaque cas.

Le premier jour des règles, téléphoner à son gynécologue (si c’est le week-end, téléphoner le lundi matin) qui fixera un rendez-vous pour le premier contrôle (échographie, prise de sang).

Si les prises de sang sont effectuées dans un laboratoire extérieur à l’hôpital, contacter les biologistes pour une prise de sang au Centre car elles ont parfois besoin de sérum pour la préparation des milieux de culture destinés à la décongélation de vos embryons.

Le jour du contrôle, le gynécologue ou le biologiste avisera de la suite du traitement : soit un second contrôle, soit la planification du jour du transfert.

 

Le biologiste décongèle les embryons, soit le jour précédant le transfert si les embryons sont replacés 24h en culture, soit le jour du transfert. Dans tous les cas, il faut prendre contact le jour du transfert, en matinée, afin de savoir si les embryons ont survécu à la décongélation et si un transfert est possible. C’est à ce moment que l’heure éventuelle du transfert est communiquée.

 

Résultats

Dans environ 25 à 30% des cas, les embryons ne supportent pas la congélation. Le taux de grossesse obtenu avec des embryons congelés est de l’ordre de 12,5% par transfert.

Ces grossesses sont strictement normales sans risque supplémentaire pour l’enfant.

La congélation des embryons surnuméraires permet d’augmenter le nombre de transferts possibles et par là même les chances de grossesse après une seule ponction.

d) Le devenir des embryons congelés

- Le transfert des embryons congelés fait l’objet d’un contrat déterminé par la loi du 06 juillet 2007 (M.B. du 17/07/2007). Un exemplaire pour signature de ce contrat est envoyé pour signature.

 

Il est essentiel d’avertir le centre de FIV

de tout changement d’adresse et de situation familiale.

 

Les éventuelles complications

La ponction d’ovocytes, comme toute technique médicale, expose à de rares complications :

  • immédiates : blessure d’un vaisseau sanguin ou d’un organe de voisinage pouvant nécessiter une intervention chirurgicale.
  • secondaires : ce sont le plus souvent des infections qui se manifestent quelques heures ou quelques jours après la ponction par une altération de l’état général, de la fièvre, des troubles du transit intestinal. Ces complications sont exceptionnelles.

 

Durant le traitement de FIV et plus précisément après le transfert d’embryons, certaines femmes sont confrontées au « syndrome d’hyperstimulation ovarienne ». Les symptômes se limitent plus souvent au gonflement du ventre et à quelques douleurs abdominales mais peuvent également être plus sérieux : nausées, vomissements, douleurs abdominales intenses, prise de poids importante, problèmes respiratoires, … Ce syndrome résulte de l’administration d’hormones durant le traitement de FIV et est le plus souvent sans danger. Les symptômes disparaissent presque toujours spontanément. Il faut se reposer au maximum, boire modérément, consommer des aliments riches en protéines (viande, poisson, fromage) et prendre patience.

Dans les rares cas où le syndrome se manifeste avec intensité, une hospitalisation peut s’avérer nécessaire.

Dès la perception d’un signe inhabituel qui inquiète, ne pas hésiter pas à contacterle centre. Ses membres pourront ainsi soit rassurer, soit proposer une consultation de contrôle.

 

Pour l’enfant à venir, l’expérience montre que les enfants nés de la FIV ne présentent pas plus de malformations que les enfants conçus naturellement. Pour ce qui concerne le devenir des enfants nés après ICSI, il y a encore peu de recul (une quinzaine d’années) mais il n’y a aucune raison scientifique d’inquiétude. Cependant, lorsque le nombre de spermatozoïdes est très faible, on estime à environ 10% le risque de transmission d’une infertilité aux garçons.

Il est vivement conseillé aux femmes âgées de 35 ans et plus ainsi que chez les patientes enceintes suite à une FIV par micro-injection de pratiquer une amniocentèse de grossesse. Celle-ci consiste en la ponction, vers la quinzième semaine de grossesse, d’un peu de liquide amniotique. La mise en culture des cellules fœtales présentes dans ce liquide permettra une analyse des chromosomes du fœtus et d’exclure une éventuelle anomalie chromosomique chez celui-ci (ex : la trisomie 21 responsable du mongolisme).

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